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Qu’est-ce que la répétition espacée (SRS) ?

Aujourd’hui, nous allons vous parler de l’une de nos techniques préférées en matière d’apprentissage du vocabulaire : la répétition espacée ou SRS (de l’anglais Spaced Repetition System).

Tout d’abord, la répétition espacée qu’est-ce que c’est ?

Comme l’explique RTL dans cet article, il s’agit d’une méthode basée sur le concept de réviser, à intervalles réguliers plus ou moins espacés, des mots ou phrases précédemment mémorisées. Mieux vous vous en rappellerez, moins vous verrez revenir la notion lors de vos séances de révision, et inversement.

La force du SRS est d’utiliser des algorithmes pour tirer profit du caractère faillible de notre mémoire. En effet, les algorithmes des programmes de SRS sont supposer attendre le moment où l’on se trouve sur le point d’oublier ce qu’on a appris pour nous demander de nous en rappeler. Le postulat de base étant qu’à force de régularité, il est possible d’espacer de plus en plus dans les temps les révisions, jusqu’à ce que la notion intègre notre mémoire à long terme.

Pour mémoriser plus efficacement une notion, il est également intéressant de multiplier les supports (son, image, etc.). Il est également recommandé de faire usage de moyens mnémotechniques.

En réalité, le SRS n’a rien de bien nouveau. C’est simplement une simplification/amélioration du système Leitner (qui consiste à créer à la main des fiches de vocabulaires classiques, avec d’un côté un mot et de l’autre sa traduction, et de les placer dans des boîtes correspondant à un nombre de jours à attendre avant de les réviser). À développer.

À noter qu’on peut, en théorie, apprendre tout et n’importe quoi grâce au SRS.

Il existe sur le marché plusieurs outils et applications qui permettent d’utiliser le SRS sur votre ordinateur et/ou votre smartphone. Petit tour d’horizon :

Anki

Anki est certainement le plus connu des trois outils que nous allons vous présenter. À la fois une application et un logiciel qui fonctionne avec plusieurs decks (paquets) de fiches. Il est recommandé d’utiliser vos propres fiches, mais il est également possible de télécharger des decks réalisés par d’autres apprenants.

Son gros point fort ? Anki offre aux initiés des possibilités de personnalisation de leurs fiches quasi illimitées — à ce sujet, nous ne pouvons que vous recommander la lecture de l’excellent livre Fluent Forever de Gabriel Wyner. Ainsi, vous pouvez rajouter à votre guise des sons et/ou des images. De plus, grâce au service AnkiWeb, il est possible de réviser vos decks depuis divers appareils (tant qu’ils sont connectés à Internet bien sûr).

Cependant, il faut avouer que sa prise en main peut parfois s’avérer quelque peu laborieuse et son interface austère. Anki fait très bien son travail, mais c’est l’expérience utilisateur qui en paye le prix.

Précisons qu’Anki est gratuit sur ordinateur (Windows, Mac, Linux) et sur Android, mais que la version iOS (développée par une autre équipe) s’avère, elle, payante et vendue au prix de 24,99$.

Points forts : gratuit sur Windows, Mac, Linux et Android ; personnalisation quasi illimité ; importante communauté ;

Points faibles : interface austère pouvant résulter en une expérience utilisateur médiocre ; il est nécessaire de passer beaucoup de temps à apprendre le fonctionnement du programme et à créer des fiches ; la version iOS n’est pas donnée ;

Memrise

Memrise est un outil, site Internet et application, que j’ai moi-même énormément utilisé. Le principe est de réviser vos fiches de vocabulaire à travers des quiz. C’est l’algorithme qui fait le boulot et vous proposera tour à tour de reconnaître un mot à l’oreille, de choisir la bonne traduction (dans un sens ou dans l’autre) entre plusieurs propositions, ou de l’écrire.

Tout comme sur Anki, il est possible de créer ses propres decks de fiches (c’est la méthode que nous vous recommandons). Cependant, il existe une multitude de cours développés par la communauté ou l’équipe de Memrise —, et ce dans plus de 200 langues.

À noter que les cartes peuvent s’accompagner de « mems », c’est-à-dire des mnémoniques visant à ancrer le mot dans votre mémoire. Vous pouvez choisir un « mem » existant ou créer le vôtre. C’est ensuite à vous de découvrir ce qui fonctionne pour vous (jeu de mots, image, étymologie, etc.)

L’interface de Memrise est beaucoup moins austère que celle d’Anki et pourrait même rappeler à certains celle d’un jeu vidéo.

Memrise offre une version gratuite avec des fonctionnalités limitées, mais largement suffisantes, sur tous supports (Windows, Mac, Linux, Android, iOS), avec la possibilité de prendre un abonnement « pro » pour 59$ par an.

Points forts : des centaines de cours déjà disponibles ; une interface agréable à l’œil ; la version gratuite sera largement suffisante pour une majorité d’utilisateurs ;

Points faibles : s’il est possible de créer ses propres decks et fiches de vocabulaire, les possibilités de personnalisation restent objectivement bien plus réduites qu’Anki ;

Quizlet

Quizlet est à la fois un site Internet et une application disponible sur Android et iOS. Entièrement gratuit, cet outil permet de créer des fiches de vocabulaire et de les associer à des activités ludiques pour les apprendre et les réviser.

Il est ainsi possible de lire les mots, de les entendre (prononcés par un locuteur natif), mais aussi de jouer à de nombreux jeux visant à faciliter le processus d’apprentissage. Enfin, comme sur Anki et Memrise, vous pouvez faire des quiz pour vérifier que vous les avez bien appris.

C’est en termes d’algorithme que Quizlet se montre faiblard par rapport aux deux outils présentés précédemment. L’outil peut néanmoins se révéler extrêmement efficace pour tous ceux qui aiment apprendre en s’amusant. Il m’est arrivé plus d’une fois de réussir à ancrer un mot dans mon cerveau grâce à Quizlet, alors que mes efforts sur Memrise ou Anki ne donnaient rien.

Points forts : de nombreux jeux pour apprendre de nouveaux mots ; entièrement gratuit ;

Points faibles : l’algorithme ;

En résumé, il s’agit d’une technique extrêmement efficace pour mémoire un grand nombre de mots dans votre langue cible. C’est la raison pour laquelle, un grand nombre d’entreprises se sont vite mises sur ce créneau.

Cependant, le SRS ne fait pas tout. Comme nous l’avons déjà répété à de nombreuses reprises, rien ne saurait remplacer un travail régulier. De plus, pour que le SRS porte ses fruits, il convient d’utiliser quotidiennement cet outil et de se concentrer lors des phases de mémorisation et de révision : mieux vaut passer passer un quart d’heure par jour sur votre langue cible que deux heures par semaine.


Faut-il vraiment vivre à l’étranger pour apprendre une langue étrangère ?

Aujourd’hui, nous tordons le cou à ce qui constitue certainement l’un des mythes les plus coriaces en matière d’apprentissage des langues étrangères. D’aucuns considèrent que la seule véritable manière d’apprendre une langue étrangère est de vivre dans le pays où elle est parlée. De nombreux exemples nous montrent que cela aide, pourtant il conviendrait de ne pas oublier que ce n’est pas (et de loin) l’unique option.

« Rien, non rien, ne remplace un séjour à l’étranger pour apprendre une langue ». Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pu entendre cette sempiternelle rengaine. Il est temps de tordre le cou à ce cliché : oui, partir à l’étranger peut être une occasion fantastique d’apprendre une langue (même s’il faut savoir en tirer avantage, plus sur ce sujet très prochainement), mais cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas créer chez soi une « bulle » nous permettant de nous immerger pleinement dans sa langue cible.

Ceux d’entrevous qui ont vécu à l’étranger savent certainement qu’il est relativement facile de tomber dans le piège de se rapprocher d’autres étrangers (surtout si l’on parle anglais) ou de locuteurs natifs qui souhaitent parler avec nous une autre langue que la langue du pays (et celle que vous souhaitez apprendre/améliorer).

La clé ? L’immersion linguistique.

Que vous appreniez votre langue cible depuis chez vous ou à l’étranger, la clé de la réussite réside donc dans votre capacité à créer ce que l’on appelle une situation d’immersion linguistique. Pour cela, il est nécessaire de s’immerger dans un environnement qui se prête à l’étude de votre langue cible.

Ma stratégie en la matière est plutôt simple. Dans la mesure du possible, tâchez de faire dans votre langue cible ce que vous feriez normalement dans votre langue maternelle. Par exemple, vous aimez être au courant de ce qui se passe dans le monde et lisez la presse 30 minutes tous les matins ? Essayer donc de faire une habitude de lire la presse dans votre langue cible (autre avantage, cela vous offrira une vision du monde quelque peu différente de celle à laquelle vous êtes habitué). Vous aimez jouer aux jeux vidéo le week-end pour vous détendre ? Tâchez de trouver un jeu dans votre langue cible. Vous aimez passer du temps sur Facebook, Twitter ou un autre réseau social ? Changez donc la langue du réseau et commencez à suivre un maximum de pages dans votre langue cible, et n’hésitez pas à interagir avec d’autres utilisateurs parlant cette langue. Vous suivez ?

Pour apprendre une langue de manière efficace, il convient d’être le plus possible en contact avec elle. Une excellente stratégie est de se créer des routines quotidiennes qui vont, sans même que vous vous en aperceviez, vous exposer à la langue. Qu’importe l’endroit où vous vous trouvez, il ne tient qu’à vous de créer les conditions nécessaires à une immersion linguistique. Cela vaut la peine de se poser quelques dizaines de minutes pour y réfléchir. Les retombées seront conséquentes.

Maintenant que vous savez qu’il n’est pas nécessaire de s’expatrier pour s’atteler à la tâche, vous n’avez plus d’excuse.